La qualité des sols est indispensable à la vigueur des espaces verts, pelouses de stade et parcs urbains. De la teneur en nutriments au pH, en passant par la rétention d’eau, une terre saine favorise la croissance des plantes, la résistance des pelouses et la luxuriance des espaces verts sur la durée.
Pour les professionnels de l’entretien des pelouses, la compréhension de la science des sols est essentielle pour aboutir immanquablement à ces résultats tout en respectant des réglementations toujours plus complexes.
Pour en savoir plus sur ces questions, nous avons interrogé Henrik Bos, président de l’ELCA (European Landscape Contractors Association), afin d’aborder des questions essentielles sur la gestion des sols et les méthodes concrètes que peuvent appliquer les professionnels.

Introduction
L’ELCA représente les jardiniers-paysagistes de 23 pays de l’Union européenne, du Canada, de Singapour et du Royaume-Uni. L’organisation rassemble des associations nationales autour d’un cadre commun.
Une grande partie des travaux de l’ELCA se déroule à Bruxelles, où les discussions à l’échelon européen orientent la législation et les directives nationales. Bien que les lois soient promulguées au niveau national, M. Bos note que l’Union européenne fournit des guides, des outils de suivi et une orientation stratégique, que les États membres transposent ensuite dans leur propre réglementation. Le rôle de l’ELCA consiste à s’assurer que les réalités pratiques de l’entretien et de la gestion des espaces verts sont prises en compte dans ce processus.
En conjuguant les connaissances des professionnels sur le terrain à une participation active aux débats législatifs, l’ELCA s’est fixé pour mission de soutenir le développement de solutions plus naturelles et viables pour les environnements urbains et paysagers partout dans le monde.
Comment améliorer la qualité des sols ?
1. Notions de sol et de substrat
M. Bos souligne que la première étape pour améliorer la qualité des sols consiste à comprendre le type de sol que vous travaillez et sa composition prédominante. « Prenez une poignée de terre pour la sentir et l’examiner », conseille-t-il. Les jardiniers-paysagistes professionnels, par leur expérience pratique, acquièrent rapidement ces réflexes en apprenant à identifier une terre vivante, c’est-à-dire riche en micro-organismes, insectes et structures naturelles.
En Europe, la distinction entre sol brut et substrat est essentielle. Les substrats sont strictement réglementés et fabriqués à partir de matières naturelles, comme le sable, l’argile, la tourbe ou le compost, pour créer un milieu nutritif stable propice aux végétaux. En revanche, un sol vivant, bien que plus fertile, est rarement proposé à l’achat. De fait, il est souvent classé réglementairement comme déchet une fois excavé, d’où un cadre réglementaire complexe pour les jardiniers-paysagistes et les fabricants.
« Dans le secteur paysager, on travaille aujourd’hui essentiellement avec des substrats manufacturés et non de la vraie terre. Il y a une différence fondamentale », signale M. Bos. « Un sol vivant contient des vers de terre, des insectes, des cavités et une activité biologique. Ce type de structure met des années, voire des décennies à se développer. Si la terre est vivante, les plantes poussent mieux, l’eau est employée plus efficacement et tout fonctionne plus naturellement. »
Rôle de la tourbe et du compost
La tourbe est un ingrédient essentiel du sol et de la production de substrat depuis des siècles. Elle apporte de la structure, retient l’humidité et favorise la croissance végétale. Cependant, les règlements environnementaux restreignent de plus en plus son emploi. « L’ouverture de tourbières libère du dioxyde de carbone captif depuis des centaines d’années », explique M. Bos. Pour cette raison, la législation européenne incite le secteur à explorer des matières alternatives, notamment le compost vert, fabriqué à partir de matières organiques mortes telles que les feuilles et les branches.
Même si le compost vert représente une solution durable, sa disponibilité reste néanmoins limitée. Seuls quelques pays européens disposent de systèmes de collecte et de traitement à grande échelle et la production de substrat reste aujourd’hui majoritairement dépendante de la tourbe. « En Finlande par exemple, il n’existe pratiquement pas de compost vert », fait remarquer M. Bos.
Le compost à base de matières animales ou humaines est une autre option, mais il est soumis à des normes d’hygiène strictes en raison de bactéries potentiellement dangereuses. Son emploi reste donc limité pour les espaces verts publics.
2. Identification de votre type de sol
« Une fois que vous savez quel type de sol vous travaillez, vous pouvez commencer à l’enrichir en y incorporant de la tourbe, du sable, du compost ou des argiles selon ce qui lui manque », commence M. Bos.
Mais il tempère aussitôt : « Il faut cependant signaler que l’amélioration des sols est toujours un processus lent. Si vous ajoutez un ingrédient aujourd’hui, l’effet réel peut se faire sentir des années plus tard. Il n’existe pas de solution rapide. Dans notre secteur d’activité, on essaie de s’éloigner des solutions chimiques industrielles en faveur de méthodes plus naturelles qui favorisent la vie dans les sols. »
Six types de sol principaux
Les sols sont généralement classés en six types principaux selon le calibre des particules de terre, la texture du sol, les propriétés de drainage et la teneur en nutriments :
- Un sol argileux est constitué de minuscules particules fortement agglomérées. Ces particules d’argile retiennent bien l’eau et les nutriments, mais le drainage est lent. La terre peut facilement se tasser et nuire à la pénétration racinaire des végétaux si elle n’est pas entretenue correctement.
- Un sol sableux contient de grosses particules et draine rapidement. Il est facile à travailler, mais retient difficilement l’humidité et les nutriments des plantes. Il exige donc souvent un apport en matière organique pour améliorer sa structure.
- Un sol limoneux se caractérise par de très fines particules de limon et par une meilleure rétention d’humidité qu’un sol sableux. Il est généralement fertile, mais peut devenir compact et instable s’il est trop travaillé.
- Un sol glaiseux est un mélange équilibré de sable, de limon et d’argile. Ses bonnes qualités de drainage et de rétention des nutriments en font le type de sol le plus polyvalent et productif pour les plantes.
- Un sol tourbeux est riche en matière organique et généralement acide. Les sols tourbeux retiennent bien l’humidité, mais peuvent nécessiter des améliorations dans le drainage et une gestion soigneuse en nutriments.
- Un sol calcaire est alcalin et souvent peu profond, avec un drainage libre. Il est souvent pauvre en nutriments disponibles pour les plantes qui préfèrent des conditions neutres ou acides.
Dans la réalité, la plupart des terrains comportent des variations et des mélanges de ces types de sol. Pour les jardiniers-paysagistes, l’identification du type de sol dominant avec lequel ils travaillent contribue à orienter les décisions importantes concernant les plantations, le drainage et l’entretien du sol à long terme.
3. Obtention d’un pH optimal
La qualité d’un sol ne se limite pas à sa composition : M. Bos souligne également l’importance du pH, qui détermine la faculté d’absorption des nutriments essentiels par les plantes.
« Le pH en soi est seulement une mesure. Néanmoins, il nous informe sur la facilité avec laquelle les plantes peuvent absorber les nutriments du sol. Il décrit la manière dont les racines interagissent avec la terre. »
La plupart des pelouses et des plantes ornementales courantes se développent à un pH proche de 7, c’est-à-dire neutre, mais certaines préfèrent des conditions légèrement acides ou alcalines. Par exemple, le pH idéal pour les rhododendrons se situe entre 4,5 et 6, tandis que le pH idéal pour la lavande se trouve entre 6,5 et 8.
Il est possible de relever ou d’abaisser artificiellement le pH d’un terrain en incorporant à la terre un substrat plus acide ou plus alcalin. Toutefois, « l’évolution du pH prend du temps », rappelle M. Bos. « Si vous ajoutez de la chaux, il faudra peut-être des années avant d’en voir l’effet réel. Le plus important est de maintenir la stabilité du pH et de ne pas le changer constamment. »

4. Adaptation du sol au climat et au type d’herbe
La démarche varie selon la région. Les zones côtières peuvent présenter un sol naturellement sableux au pH élevé, tandis que les terres volcaniques d’Italie et d’Islande offrent une très bonne rétention d’eau grâce aux micropores de la roche. Le choix de la variété d’herbe adaptée à la terre et au climat locaux est tout aussi important : une herbe aux racines profondes peut être nécessaire dans les régions sèches du Sud, tandis que des variétés au système racinaire plus superficiel peuvent suffire dans les zones plus fraîches et plus humides.
M. Bos relève que des recettes « universelles », tirées de concepts vieux de dizaines d’années, ont longtemps prévalu dans les métiers de l’entretien des espaces verts. Aujourd’hui, les professionnels doivent tenir compte du type de sol, du climat local, des propriétés de rétention d’eau et des espèces végétales pour garantir une croissance et une résistance durables.
5. Évolution des législations sur les sols
En Europe, les règlements sur les sols sont complexes et variables selon les pays. La terre excavée est souvent classée comme déchet, tandis que les matières recyclées sont soumises à des autorisations strictes. La législation de l’Union européenne propose des guides et outils de suivi, mais les lois nationales régissent en grande partie ce que les jardiniers-paysagistes peuvent faire avec les substrats et la terre recyclée.
Des organisations comme l’ELCA et les associations nationales qui la composent jouent un rôle central pour sensibiliser notre secteur d’activité et soutenir les professionnels de l’entretien paysager en quête de conseils.
« Le fossé qui sépare la législation et son application pratique reste énorme », regrette M. Bos. « Notre association professionnelle travaille avec les gouvernements pour promouvoir des méthodes qui favorisent les sols vivants naturels dans les zones urbaines et paysagères. »
Des machines adaptées à la tâche
Aussi importante soit-elle, la connaissance ne représente qu’un aspect de la thématique des sols. L’entretien des pelouses et des aménagements paysagers passe nécessairement par des machines de qualité sur lesquelles vous pouvez compter. Pour les professionnels, elles produisent des résultats prévisibles, tout en favorisant des pelouses résistantes et en bonne santé.
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Questions fréquentes
Des questions liées aux sols peuvent se poser à tous les stades d’un projet d’aménagement paysager. En complément des sujets abordés avec M. Bos, les réponses ci-dessous livrent des conseils pratiques sur des interrogations courantes relevant de la gestion des sols, des tests, du drainage et de la croissance végétale.
Comment améliorer la qualité des sols ?
L’amélioration des sols revient généralement à améliorer leur structure générale, leur fertilité, leur drainage ou leur activité biologique. Pour ce faire, ajout de matière organique, ajustement du pH, aération du sol et sélection de plantes bien adaptées à la qualité de la terre existante sont des moyens couramment employés.
Comment mesurer le pH du sol ?
Le pH du sol peut être testé avec des bandelettes de papier pH, au moyen d’un pH-mètre portatif ou par analyse d’échantillons dans un laboratoire spécialisé. Le test doit être effectué sur un échantillon représentatif de terre et répété régulièrement, notamment avant les semis ou plantations.
Comment rendre un sol plus acide ?
Il est possible d’acidifier le sol en y ajoutant de la matière organique, des produits soufrés ou du compost de plantes acidophiles. La baisse du pH doit être progressive car de fortes fluctuations peuvent stresser la végétation.
Comment rendre un sol plus alcalin ?
Pour augmenter le pH du sol, on applique couramment de la chaux (pierre calcaire ou craie en poudre). La quantité nécessaire dépend du pH actuel et du type de sol : une terre argileuse exige généralement plus de chaux qu’une terre sableuse.
Qu’est-ce que la couche arable ?
La couche arable d’un sol est la couche superficielle la plus fertile. Profonde de 5 à 20 cm en général, elle est riche en activité organique, en processus biologiques et en nutriments essentiels à la croissance des plantes.
Les semis de pelouse germent-ils sur la couche arable ?
Oui, tant que les graines sont suffisamment en contact avec la terre, d’une humidité et d’une température adéquates. Un ratissage et un arrosage légers aident à améliorer le taux de germination.
Comment préparer la terre pour les semis de pelouse ?
La préparation du sol pour les semis de pelouse passe par le ratissage des débris, l’aération de la couche superficielle, l’élimination des irrégularités du terrain et une humidité suffisante de la terre. L’ajout de terreau végétal ou de compost peut favoriser l’enracinement sur les terrains pauvres.
Qu’est-ce que l’érosion des sols ?
L’érosion des sols est la disparition de la couche arable due au vent, au ruissellement ou aux activités humaines. Elle peut réduire la fertilité de la terre et modifier sa structure, mais elle peut être contrée par une couverture végétale, du paillage et un drainage correct.
Comment améliorer le drainage sur un sol argileux ?
Le drainage d’un sol argileux peut être amélioré par l’aération de la pelouse pour faciliter la percolation de l’eau, l’ajout de matière organique ou de terre sableuse pour accroître la porosité de la terre et l’installation de drains enterrés si nécessaire. Évitez de travailler une terre argileuse lorsqu’elle est humide.
Comment se forme la terre ?
La formation de la terre est un processus lent et continu, alimenté par des interactions physico-chimiques et biologiques. Même quelques centimètres de couche arable peuvent mettre plusieurs années à se développer naturellement